


Les propos suivants sont extraits d'interviews accordées par
Prem Rawat à des journalistes. Des articles parus dans divers
magazines et contenant d’autres interviews sont disponibles
dans la section Presse.
Une personne de votre position est
forcément une personne que le public cherche à cerner et à
définir. Vous, comment vous définiriez-vous ?
Je
suis moi. Je suis un être humain. Beaucoup de choses ont été
dites à mon sujet. Positives ou négatives, elles étaient
souvent liées à des émotions subjectives. Je suis fier d’être
un être humain. Je suis très heureux d’être en vie. Je
suis heureux d’être moi. Certains aimeraient me coller une
étiquette, mais je suis tout simplement moi.
Quelle solution, quelle aide ou
quel espoir apportez-vous ?
Dire qu’on peut
être satisfait intérieurement est le message le plus porteur
d’espoir. Dire qu’on peut trouver l’unique chose que le
cœur cherche depuis si longtemps est un message plein
d'espoir. Tel est le message que j'apporte, il apporte
l’espoir. Ce qui est important pour nous tous, c’est
l’espoir, l’idée qu’on peut être pleinement satisfait
en soi, l’idée qu’on peut être satisfait dans sa vie. Il
n’est pas nécessaire de se trouver dans une situation désespérée
pour avoir besoin d’espoir. Même par une magnifique journée
ensoleillée où tout se passe bien, l’espoir est le
bienvenu.
En
quoi votre message est-il unique ?
Certains disent : « Voyons de quoi vous
êtes capable. Comment
allons-nous faire pour que vous réussissiez ? » Je me
concentre beaucoup plus sur l’individu. Plutôt que de
montrer aux gens ce qu’ils pourraient faire, je leur
dis : « Le cadeau de la vie vous a été donné. Un
trésor a été placé en vous. Pourquoi ne pas vous occuper
de votre propre trésor ? Pourquoi ne pas vous intéresser
à ce que vous ressentez au plus profond de vous-même ? »
Quels
sont nos besoins ? Pas les besoins de la société,
mais nos besoins ? Quel est notre désir profond ?
Il y a dans chaque être humain une réelle aspiration, qui ne
dépend pas de qui il est, d’où il vit, de ce qu’il fait
ou pense. Chaque être porte un désir inné d’être
satisfait. Ce que j’offre est un moyen pratique de se
tourner vers ce très profond désir qui nous est commun à
tous. C’est un processus individuel qui mène à une réussite
personnelle d’appréciation de la vie quelles qu’en soient
les circonstances.
Qu’est-ce qui vous qualifie
pour délivrer ce message ?
Ce qui me qualifie ? Le cœur. Les gens qui écoutent. Ce
sont eux qui me qualifient. Si je suis capable de le
transmettre, alors je suis qualifié pour le faire.
Qu’est-ce qui vous motive à le faire ? Pourquoi
faites-vous connaître ce message ?
Il m’a été accordé un don. J’ai ce don depuis que
je suis très jeune. J’avais l’habitude de parler aux gens
avant que mon père ne vienne s’adresser à eux. Parfois,
mon père me demandait de me lever et de venir parler, et à
ce qu’il me semblait, il en paraissait très très heureux.
Ce don est là depuis très longtemps.
Vous êtes reconnu comme une voix prépondérante dans
le domaine de la paix. Qu’entendez-vous par « paix » ?
La paix est innée. Elle est en chacun de nous. Mais avant
de ressentir réellement la paix, il nous faut ressentir la
soif de paix. Nous pouvons le faire – nous ouvrir pour
ressentir cette soif. Une fois que la soif est ressentie, tout
devient simple, et il devient facile de comprendre ce qu’est
la paix. Sinon, mes mots seraient juste des mots comme tant
d’autres utilisés depuis des siècles pour parler de ce
qu’est la paix et de ce qu’elle devrait être. La paix ne
peut être comprise que lorsque l’on comprend la soif qui
est déjà en chacun de nous.
Pouvez-vous décrire ce que vous
entendez par soif ? C’est un de ces concepts
insaisissables qui peut être difficile à comprendre.
Si on commence à analyser cela devient en effet
insaisissable. Mais la soif est fondamentale : tout le
monde a déjà eu soif d’eau. Et lorsqu’on a soif, on ne
cherche pas à l’expliquer, on veut trouver de l’eau et
boire. Ce qu’il y a de beau avec cette soif-ci, c’est que
l’eau que l’on cherche se trouve en soi.
Comment saurais-je quand j’ai trouvé la paix ?
C’est comme boire un verre d’eau et étancher sa soif.
D’abord on a besoin de ressentir la soif de l’intérieur.
Ralentissez un peu. Essayez de faire l’expérience de
l’appel qui vient de vous. Quel est le cri du cœur ?
Que demande le cœur ? Qu’est-ce qui à l’intérieur
de nous n’a pas cessé de tambouriner et tambouriner encore.
Écoutons-le.
Doit-on renoncer à ce monde
pour trouver la paix en soi ?
Il y a des gens qui disent : « Allez
vivre en haut d’une montagne, dans un endroit retiré où
vous ne serez pas distraits ». Je ne crois pas que ça
marche comme ça. Votre engagement à écouter votre voix intérieure
peut se faire dans la ville la plus bruyante du monde ;
cela n’a rien à voir avec ce qui se passe à l’extérieur.
Ces deux choses n’ont rien à faire l’une avec l’autre.
L’attention à porter à l’intérieur ne mettra pas en péril
l’attention à porter à l’extérieur. L’extérieur est
très bruyant, éclatant, coloré. Il vous distraira toujours
– il sera là. L’intérieur est beaucoup plus silencieux,
beaucoup plus calme. Il est beaucoup plus simple. Et
l’attention a besoin de se concentrer vers l’intérieur.
Beaucoup parlent de la paix intérieure
et de la satisfaction comme de possibilités lointaines et
plutôt vagues. Y a-t-il quelque chose de concret à faire
pour mener à bien la réussite intérieure dont vous parlez ?
Ce que j’offre est aussi concret que l’est un
verre d’eau pour une personne assoiffée dans le désert. Je
propose un moyen de se connecter avec la paix et la
satisfaction qui sont à l’intérieur de chacun de nous.
C’est comme un pont entre l’extérieur et l’intérieur.
Ce n’est pas là pour raccommoder quoi que ce soit ;
c’est là pour ceux qui, de leur propre volonté, veulent
ressentir la paix à l’intérieur d’eux-mêmes. Cela ne
peut pas être plus concret. Si quelqu’un veut cela, je peux
l’aider.
On a souvent tendance à
associer le message au messager. Avec ce que vous offrez,
quelle est la différence entre le message et le messager ?
J’ai toujours fait la comparaison suivante.
Quelqu’un montre la lune du doigt et dit : « Regardez
comme la lune est belle. » Tout le monde regarde le
doigt et oublie la lune. Suivez le doigt. Regardez ce qu’il
montre, regardez la lune pour en apprécier la beauté.
Lorsque le messager essaie de se rendre plus important que le
message, il n’est plus un messager. Etre un messager, homme
ou femme, c’est très beau, mais le message est bien plus
important. C’est le message qui fait du messager un
messager, non l’inverse.
Selon
vous, qu’est ce qui fait de la vie d’une personne une réussite ?
La première question qu’il faut poser est : qu ’est-ce
que la réussite ? Nous pouvons réussir en affaires, dans
notre profession, dans un sport ; nous pouvons devenir tout ce
que nous voulons. Et nous pourrions passer pour parfaits aux
yeux du monde. Mais quelle compétition pouvons-nous vraiment
gagner ? Il y a une compétition ultime dans laquelle nous ne
rivalisons avec personne sinon avec nous-mêmes — la compétition
pour l’accomplissement de notre vie. Dans cette compétition,
nous gagnons lorsque nous avons compris la valeur de cette vie
et avons trouvé la plénitude. Alors seulement avons-nous réellement
réussi, et c’est là qu’est le vrai défi. Il ne s’agit
pas de simplement croire en la plénitude mais de l’expérimenter
par nous-mêmes.
Si
vous ne ressentez pas la réussite en vous-même, alors
qu’importent tous les succès que vous avez à l’extérieur.
Il y aura toujours une différence entre les deux. Si vous
faites bien la distinction entre vous-même et tout le reste,
il devient très facile de voir que le succès extérieur
n’est pas vraiment ce qui importe.
Est-il difficile de convaincre les gens que la réussite
intérieure est aussi importante que la réussite extérieure ?
En fait, il ne s’agit pas de convaincre. Quand on a
accepté que la réussite commence par soi-même, tout le
reste devient secondaire. On doit personnellement faire
l’expérience de cette différence fondamentale et alors,
que l’on soit riche ou pauvre, il est très facile de
commencer à saisir que ce qu’on cherche réellement réside
en soi.
Vous
parlez donc de la réalisation intérieure. Pourriez-vous préciser
la distinction entre réalisation intérieure et extérieure ?
A l’extérieur nous ressemblons beaucoup à un
porte-chapeaux. Nous avons tant de rôles à jouer : parent,
patron, frère, travailleur. Au début on porte un chapeau,
puis un autre, et encore un autre. Toute la journée,
les chapeaux se succèdent, tous de tailles et de styles différents.
Voilà comment nous sommes à l’extérieur. Mais à l’intérieur,
il y a un être qui ne change pas. Le porte-chapeaux change
sans arrêt, mais à l’intérieur, notre soif de nous sentir
comblés, notre désir intime de trouver la paix, notre quête
de satisfaction, n’a jamais changé. Dans nos vies nous
apprenons à être responsables, à prendre nos problèmes en
charge, mais les problèmes viennent, s’en vont, et puis
reviennent encore, comme une roue qui tourne sans cesse. Quand
nous comprenons la nature de l’être, alors nous
pouvons commencer à comprendre la beauté de la vie. La vie,
ce n’est pas seulement nos problèmes, ni la culpabilité ou
la peur, ni le vrai ou le faux. C’est aussi une incroyable réponse
au désir inné d’être heureux.
Cela
signifie-t-il que la réussite extérieure n’a pas
d’importance ?
Pas du tout ! On peut toujours améliorer sa réussite. Quoi
qu’on ait réalisé, on peut toujours mieux faire. Et nous
sommes plus importants que nos succès. Nous sommes aussi plus
importants que nos défaites. Nous sommes plus importants que
tout ce qui se passe autour de nous, et que tout ce qui ne
s’y passe pas. Nous sommes plus importants que les histoires
qui vont se développer, que les guerres qui vont être livrées,
que la paix qui s’ensuivra. La
somme de tout cela ne vaut pas l’existence de chaque être
humain. Et nous devons en prendre conscience.
Quelles
sont les personnes les plus réceptives à votre message ?
Celles
qui sont vraiment libres. Libres dans leurs pensées. Les
personnes qui sont enfermées dans des idées préconçues sur
la façon dont les choses doivent être et la manière dont
tout fonctionne ont beaucoup plus de difficultés à
comprendre ce dont je parle. Ceux qui ont peur d’écouter
les autres ne peuvent pas comprendre mon message. Ce sont ceux
qui se sentent libres, à l’aise en eux-mêmes, qui peuvent
m’écouter.
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